#13 Correspondances Européennes de Philippe Perchoc

Je vous l’ai déjà raconté, mais parmi les plus jolies choses qui me soient arrivées avec Exploratology, ce sont les rencontres. Rencontres avec des personnes de tous horizons dont je n’aurais jamais croisé le chemin si je n’avais pas eu cette idée de créer une boutique avec des livres, tiens.

A l’instar de Caroline, que je rencontre via Internet l’été dernier pour entendre ses précieux conseils en communication. Et à l’instar de Philippe, que je rencontre grâce à la même Caroline, chercheur et enseignant que j’aurais pu croiser dans les salles de classe de mon ancienne école, mais que je rencontre finalement à une terrasse ensoleillée un samedi de mars pour discuter de son premier livre, Correspondances Européennes.

 

correspondances-europeennes-philippe-perchoc01

Philippe Perchoc / Couverture de Correspondances Européennes

 

Et ça tombe bien, parce que le livre de Philippe Perchoc, qui a été publié il y a quelques mois, parle de rencontres. Il y discute de l’Europe non pas comme cette institution tellement fantomatique qu’on s’en fiche d’y envoyer une volée de frontistes, mais d’une Europe avant tout faite de gens et d’histoires multiples. Beaucoup de publications parle de l’Europe comme d’un sujet technique et il faut bien l’avouer, plutôt barbant. Correspondances Européennes est plutôt salvateur, comme il est tout le contraire : un recueil de courts chapitres présentés comme des lettres ouvertes, écrites de plusieurs villes à travers l’Europe, de Copenhague à Lisbonne en passant par Sofia.

Ces lettres partent d’une anecdote toujours lumineuse pour aborder un sujet plus large et essentiel comme la mobilité, la mémoire, la jeunesse européenne, l’immigration. Comme cette petite histoire touchante, d’une note laissée par un enfant au pied d’une statue de la vierge Marie dans une église à Honfleur, priant la vierge de l’aider à retrouver sa tortue Salomon perdue « à 1000 km loin de la maison », note écrite en français et en allemand. Intriguant nom que Salomon, pour une tortue. Et l’auteur de rappeler quelques lignes plus loin que le jugement fameux de Salomon (vous savez, avec les deux mère et leur enfant) peut être vu comme « une allégorie de l’Europe, celle d’une Europe de la justice », où règne une paix malheureusement trop vite considérée comme un acquis, alors qu’il y a cent ans, un enfant allemand n’aurait certainement pas pu laisser un tel message dans une ville française…

L’auteur a eu l’idée du livre grâce à ses proches, qui lui demandaient de raconter ses voyages, de leur montrer des photos, de leur raconter des histoires. Alors imaginez-vous un ami qui voyage beaucoup pour son boulot, qui vous envoie ses polaroids et partage avec vous ses pensées, ses rencontres, les réflexions qu’il en tire. Eh bien, cela donnera Correspondances Européennes, un livre dont cela me fait plaisir de vous en parler, car avant tout passionné et profondément européen, plein de petites histoires à découvrir. Mais il est aussi titillant dans son approche et ses réflexions. Le livre donne envie finalement de méditer un peu plus longuement sur le sens et la portée qu’on veut donner à notre continent.

Quand j’ai rencontré Philippe, je lui ai demandé ce qu’il souhaitait le plus pour l’Europe. Il m’avait répondu la mobilité pour tous et un réel avenir pour les jeunes. Peut-être en tout cas que ce livre vous donnera l’envie de voyager en Europe avec un autre regard!

 

// Bonus : je demande toujours aux personnes que je rencontre quel livre elles conseilleraient, s’il n’y en avait qu’un seul : pour Philippe, c’est Le Journal d’un loup de Mariusz Wilk, à découvrir chez Libretto.

 

Correspondances Européennes, Philippe Perchoc. Presses universitaires de Louvain. Disponible ici.

email
Marjorie

Fondatrice et gérante d'Exploratology Grande amoureuse des livres, des lapins mignons et des tartes au citron.