Et si on parlait des abonnements de Février ?

Coucou!

 

Un petit article ici, ça faisait longtemps, et puis comme j’ai déjà raconté tout ça dans la newsletter, ça me tenait à cœur de pouvoir m’exprimer aussi sur le blog pour que tout le monde puisse le lire :-)
Je vais t’annoncer le thème des abonnements de ce mois-ci!

 

Et je vais un peu profiter de cet espace pour m’exprimer un peu plus longuement sur le contexte du livre de février que sur les réseaux sociaux (où on est un peu limité par le nombre de mots) et dans la lettre qui accompagne les abonnements (où je préfère toujours parler des qualités littéraires du livre avant toute chose).

 

 

Quand je choisis un roman, c’est avant tout pour le plaisir de sa lecture. Mais parfois j’ai de la chance, et je me retrouve aussi avec le plaisir de promouvoir un auteur ET le travail d’un éditeur enthousiaste.

 

 

Pour t’expliquer un peu la chose, normalement, en tant que détaillant, on n’a pas besoin de parler aux éditeurs – on peut, mais c’est optionnel. Nos interlocuteurs commerciaux sont les distributeurs et les diffuseurs, qui servent d’intermédiaire entre maisons d’édition et libraires.

 

Mais cette fois-ci, une fois ma commande passée auprès du distributeur, je lui ai demandé si c’était possible d’avoir les coordonnées de quelqu’un chez la maison d’édition du bouquin. Pour le coup, j’avais envie de dire merci à la maison d’avoir publié un tel livre, de dire combien j’avais aimé ce texte, au point de le sélectionner même si ce n’est pas très évident « commercialement parlant » (Cf. plus bas)

 

 

Donc j’ai appelé l’éditeur et on a commencé à papoter un peu.

 

Il m’a parlé de l’auteur – je ne le connaissais pas du tout. Me racontant que le mec était juste un fou. Le genre de type qui est né en Chine, puis arrive aux Etats-Unis à l’âge de 11 ans, et devient diplômé en droit à Harvard. Il est avocat, mais aussi programmateur, et à ses heures perdues, il écrit de la poésie et ce qu’il appelle de la fiction spéculative à un rythme de folie, récoltant au passage les prix Hugo et Nebula (un peu les Goncourt de la SF). Et il traduit aussi des auteurs chinois de SF en anglais. Comment fait-il ?!! Juste pour ça, ça donne envie de connaître son oeuvre littéraire, tu ne penses pas ? :-)

 

Et puis on a continué à papoter avec l’éditeur. Un mec ultra sympa et chaleureux, archi passionné, qui véhiculait une idée exigeante de la littérature de science-fiction tout en restant cool et pas élitiste. Quand on a quelqu’un comme ça en face, c’est juste un plaisir de transmettre et de partager son travail.

 

Je ne le dis pas assez dans les lettres, sur le site, dans les fiches produits, parce qu’évidemment, on est là avant tout pour parler du « produit », du contenu. Mais je me dis que je devrais davantage parler des gens derrière.
Comme de cette nana chez la marque de thé de ce mois-ci, qui s’est occupé de ma commande, ultra sympa et qui termine son mail par « anything planned for the week-end ? » (oui, comme ça, comme si j’étais sa pote, sacrés britanniques va) et avec qui je finis par parler de fringues (!!!).

 

Bref. Le livre de ce mois-ci est génial, la marque de thé super chouette, et en plus ils sont portés par des gens supers : un auteur impressionnant, un éditeur trop sympa et une équipe à la cool vraiment passionnée par le thé de qualité. Que demander de plus ?

 

Mais tout ça… Ce n’était pas sans me poser des questions.

 

Résumons l’affaire.

 

Le livre commun aux abonnements Romans et Gros Lecteur est un livre :
– de SF (premier ouille)
– d’une centaine de pages (deuxième ouille, je sais que beaucoup de personnes aiment les gros bouquins)
– sur un sujet vraiment vraiment dur (troisième ouille).Un livre qui m’a suscité la même émotion et tristesse implacable que lorsque j’étais dans la salle des Dimensions du Mémorial de l’Holocauste à Berlin ou lorsque j’ai vu il y a des années un film de Shohei Imamura sur la tragédie d’Hiroshima (et que je ne vais pas citer, parce que le film est inspiré d’un livre que j’aimerais bien, potentiellement, vous proposer un jour).

 

On est très loin de la lecture détente per se, mais on est encore plus loin peut-être de ce qu’on peut attendre de nous et de nos abonnements.

 

J’ai déjà raconté un peu partout comment je choisis les livres qui vont vous être envoyés. Mais laisse-moi rentrer un peu plus en détails. Dans ma sélection, j’oscille toujours entre deux mouvements :
– En premier lieu, mon instinct, mon coup de coeur, mon envie de partager une certaine littérature…
– Mais il y a évidemment aussi ce que j’imagine vous attendez de moi et de votre petit colis mensuel. Et là je repense à tous ceux qui offrent nos abonnements avec des petits mots ultra mignons comme « j’espère que cet abonnement te permettra de te détendre et d’oublier les soucis du quotidien ». A toutes les mamans, les grand-mamans, les maîtresses, les petites soeurs et les collègues de bureau qui reçoivent l’abonnement. Et là évidemment c’est plus compliqué. Surtout quand le marketing et les conventions sociales s’en mêlent. Surtout quand soit-disant la littérature victorienne n’est que pour les femmes, la hard SF que pour les hommes, qu’il faudrait un bac+5 pour lire Hannah Arendt, être un bobo pour lire David Foster Wallace ou que les romans de Katarina Mazetti sont pour les nunuches… Et toutes les affirmations précédentes sont bien entendu fausses à mon sens! :-) Quand on développe une entreprise, la règle veut qu’on sache qui est notre public et qu’on propose quelque chose qui réponde à ses envies et à l’air du temps.
Sauf qu’avec Exploratology, on est bien dans une entreprise certes, maiiiiis… Il y a ce que je vous disais plus haut : mon envie de partager une certaine littérature.
 

 

Avec le livre de ce mois-ci, clairement, on dit un peu merde au marketing, aux conventions sociales, et même à la logique commerciale qui voudrait que je ne propose qu’un certain type de bouquins pour être sûre de taper dans le mille. Mais c’est pas grave. C’est pas grave si on vend un peu moins ce mois-ci, c’est pas grave si je ne sais pas comment notre attachée de presse va parler d’un thème pareil aux journalistes. Le bouquin est dur, le bouquin est un « bouquin de niche » comme on dit, mais le bouquin est GENIAL, le bouquin est le type même de livre pour lequel j’ai créé Exploratology et il parle d’un thème qui est tellement important, que voilà, on l’envoie et j’en suis fière.

 

Et heureusement dans tout ça que j’ai de la chance et que j’ai des abonnés curieux et qu’à chaque fois que je me suis un peu éloignée des conventions, vous avez toujours témoigné la même dose d’appétit littéraire. Là on pousse la barre un peu plus loin, mais j’ai confiance et j’ai hâte d’entendre vos avis. Ces envois mensuels ne seraient tout simplement pas ce qu’ils sont sans votre ouverture d’esprit, c’est-à-dire j’espère plus qu’un simple abonnement, mais carrément des défis littéraires.

 

Et je tiens peut-être un nouveau slogan. Exploratology, la boîte qui envoie sans faillir Elizabeth Gaskell et de la SF intello aux mêmes personnes ;-)

 

Allez, un petit aperçu des abonnements Romans et Gros Lecteur, pas du contenu, mais des GENS derrière le contenu!

 

 

 

Bon, j’ai beaucoup blablaté, alors je crois que ça suffit pour aujourd’hui! :)

 

email
Marjorie

<p>Fondatrice et gérante d’Exploratology<br /> Grande amoureuse des livres, des lapins mignons et des tartes au citron.</p>