Interview de Nathalie Démoulin, éditrice polars au Rouergue

Hello à tous!

 

Quand j’ai commencé à lire Obia, de Colin Niel, le livre que nous vous envoyons dans les abonnements d’Octobre 2017, j’ai de suite été intriguée par l’histoire derrière l’histoire du livre. Qui était cet auteur qui nous amenait ce récit passionnant sur la Guyane ? Et qui pouvait être l’éditeur derrière cet excellent polar ? Bref, vous me connaissez, on ne reste pas les bras croisés à Exploratology, et grâce à la gentillesse des personnes du Rouergue, la maison d’édition d’Obia, nous avons pu poser quelques questions à Nathalie Démoulin, l’éditrice polar du Rouergue, pour satisfaire ma et notre curiosité à tous :D

 

Envie d’en savoir plus sur son parcours et sur son travail d’éditrice, avec quelques conseils de romans policier à la clé si vous avez aimé Obia ? Alors, c’est parti! J’espère que ça vous plaira et bonne lecture :)

nathalie demoulin rouergue
ile du serment peter may
  • Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir éditrice et comment êtes-vous arrivée aux éditions du Rouergue ? 

J’ai été recrutée au Rouergue après des études de lettres alors que la maison d’édition était à ses débuts (nous étions trois à l’époque) et j’ai appris le métier sur le tas. Mais depuis l’enfance j’aimais les maisons peuplées de livres et je pouvais passer des journées entières à bouquiner. J’ai longtemps publié essentiellement des livres illustrés. Je dirige la collection Rouergue noir depuis 2011.

 

  • Comment choisissez-vous les textes ou les auteurs que vous allez publier ? 

La collection Rouergue noir est née de la publication des romans de Peter May. Elle garde un fort tropisme anglo-saxon (avec des auteurs comme Dan Waddell, Peter Guttridge ou Kelly Braffet), mais réunit aujourd’hui essentiellement des auteurs de langue française qui ont publié leur premier roman au Rouergue. Les manuscrits que nous recevons sont donc le vivier à partir duquel se construit la collection. Je les regarde tous. Je ne publie que ceux pour lesquels j’ai l’intime conviction qu’il y a un chemin à parcourir avec l’auteur (publier est un engagement sur le long terme !) et que le Rouergue est à même de défendre pleinement son œuvre. Je veille aussi à ce que les nouveaux auteurs n’empiètent pas sur les territoires des auteurs que nous publions déjà. C’est pourquoi il y a une grande diversité de voix dans Rouergue noir. Comme il y a une immense richesse dans la production romanesque en France, notre collection ne cesse de s’élargir. Et chacun des auteurs y tient une place unique.

  • Comment en êtes-vous venue à publier Colin Niel ? 

Colin nous a adressé le manuscrit de son premier roman, Les Hamacs de carton, alors que la collection commençait à se dessiner. Ce qui m’a impressionnée dès la première lecture, c’est le soin dans la construction de l’histoire et l’ambition de donner à connaître un monde. Colin travaille énormément ses textes, remanie inlassablement son manuscrit jusqu’à ce que tout tienne parfaitement, c’est un grand perfectionniste. C’est aussi quelqu’un qui va un peu plus loin à chaque livre, et il n’a pas fini de nous étonner. En 2018, il publiera son cinquième livre dans la collection et nous publierons également une intégrale des trois premiers volumes de sa série guyanaise. Et il a déjà d’autres projets en tête !

 

  • Qu’est-ce qui vous a le plus surprise dans le métier d’éditeur (ou encore quel aspect le grand public connaît le moins du métier d’éditeur) ?

Le métier d’éditeur se partage entre le travail sur les textes et la production d’objets. C’est donc un métier complexe au cœur d’une chaîne qui va de la fabrication du papier à la librairie. N’oublions jamais que derrière chaque livre qui sort, il y a bien évidemment le travail de l’auteur, qui est l’essentiel, mais aussi celui, méconnu, de dizaines d’acteurs parmi lesquels les correcteurs, les représentants, les imprimeurs, les transporteurs, les libraires… ou l’équipe d’Exploratology ! Acheter un livre est un acte qui a d’autant plus de sens.

 

  • Quels polars conseillerez-vous à ceux qui disent « je n’aime pas les polars » ? :)

Nous sommes loin de l’époque où tous les polars se ressemblaient peu ou prou ! Il est vraiment difficile aujourd’hui de ne pas aimer le polar, tout simplement parce qu’il en est de toutes sortes. Dans Rouergue noir, nous publions des polars où l’aventure et le suspens sont au premier plan comme dans Les Disparus du phare de Peter May, des polars nourris par l’Histoire comme le remarquable De si vieux ennemis d’Alain Van Der Eecken autour de la mémoire de la Collaboration, des portraits de femmes comme dans Tango fantôme de Tove Alsterdal qui raconte deux générations de mères et filles entre Suède et Argentine, ou encore des romans où l’on bascule cruellement d’un quotidien tranquille au pire cauchemar comme sous la plume épurée d’Élisa Vix dans Ubac ou Assassins d’avant ! Bref, le polar c’est un monde en soi et Rouergue noir en est l’expression !

hamacs de carton colin niel
de si vieux ennemis alain van der eecken

Merci à Nathalie Démoulin pour ses réponses! :)

Et si vous n’avez pas encore craqué sur l’abonnement d’Octobre 2017, c’est par ici!

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Marjorie

<p>Fondatrice et gérante d’Exploratology<br /> Grande amoureuse des livres, des lapins mignons et des tartes au citron.</p>